André Mowatt est un guide et éducateur culturel anicinabe de la communauté Abitibiwinni de Pikogan. En enseignant « l’autre côté de l’histoire », André a la conviction qu’il est possible d’amener la société à questionner ses idées reçues. Il accueille chaque question comme une occasion d’aller à la rencontre de l’autre et d’amorcer un dialogue. Accompagné de son mentor, Major Kistabish, André a participé au développement touristique de sa communauté où il travaille depuis 20 ans à la transmission de la culture, de l’histoire et des traditions. Non seulement son travail l’a amené à sensibiliser de nombreux visiteurs de toutes tranches d’âge, mais il fournit des repères aux membres de la communauté. André est particulièrement soucieux que la jeune génération anicinabe connaisse et comprenne son histoire.

« Je fais ma part pour la réconciliation des peuples. Au Canada, c’est beaucoup cela que ça prend, ça fait que je le fais à ma façon. […] Mon but, c’est de nous faire connaître, par le tourisme ou par la culture. J’utilise ces deux façons-là. »

Les récits d’André sont enracinés dans l’expérience privilégiée d’un homme ayant vécu un tournant de l’histoire. André a grandi de façon nomade, en forêt, avec ses parents, jusqu’à l’âge de sept ans. Son père continua de pratiquer la trappe même après leur sédentarisation forcée par l’implantation de la scolarisation obligatoire. André dût alors entrer au pensionnat autochtone et sa mère, ne voulant pas s’éloigner de son fils, prit un logement dans les environs d’Amos. Toute la famille vécut difficilement ce bouleversement de mode de vie. Quand André n’était pas au pensionnat, il endossait le rôle d’interprète pour sa mère, laquelle ne parlait que l’anicinabe et ne connaissait de l’écriture que sa propre signature. Il raconte : « Déjà, il fallait que j’apprenne à vraiment dire la vérité. J’aurais pu raconter n’importe quoi à ma mère et la faire signer, mais non, non, non! J’avais peut-être 8 ou 9 ans. » On le questionnait souvent à l’école sur l’absence de sa mère aux rencontres de parents. Il se contentait de répliquer : « Parlez-vous l’algonquin? ». Le personnel de l’école, se souvient-il, ne savait rien de la réalité de leurs voisins Anicinabek; ils étaient donc loin de saisir le fardeau de responsabilités que leurs pupilles autochtones endossaient au moment d’apprendre le français. En racontant ses histoires aux visiteurs, André souhaite faire en sorte que cette situation change et que les futures générations puissent vivre ensemble dans la connaissance et le respect mutuel. En enseignant l’histoire qui échappe aux manuels scolaires, André souhaite ouvrir un dialogue sur des bases plus équitables.

« C’est notre version de l’histoire du Canada, la vraie histoire. »

André travaille toujours au fleurissement de la culture et du tourisme à Pikogan. Il est particulièrement heureux de voir de plus en plus de visiteurs de l’extérieur de la communauté prendre part au Pow-wow et il espère voir naître davantage de rencontres du genre. André reçoit des groupes sur place et se déplace également dans les écoles, les cégeps et les universités pour donner des conférences.

Téléphone

(819)218-2648
mowattandre@hotmail.com
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