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Minwashin, créer la beauté

Otamino8kan nikamo8in, tcicak8ekin, masinikotcikan, atisokan, aiemie8in. A8iek kackitotc e masinik8asotc. Ati enapitciakanitc mitikok, konikotc tciman, wik8amida. Mi ima eci tak8ok kit’anicinape8inan.

Il n’y a pas de mot pour l’art en anicinabe. Par contre, nous savons reconnaître et créer de la beauté, Minwashin. Dans nos chants millénaires, dans nos danses inspirées, dans les bordures colorées qui avivent nos vêtements. Que ce soit pour s’amuser, passer le temps, pour décorer ou pour marquer des points de repère, nos ancêtres sculptaient, gravaient, dessinaient, brodaient, dansaient, chantaient et racontaient. Artistes depuis toujours sans le savoir, nous exprimons notre culture à travers nos créations. Notre art est le témoin de notre existence, de notre connaissance et de notre savoir.

« Ni nakamo8inan, ni nimi8inan, nit’atisoke8inan acitc kit’ atisoke kin8amake8ini, e icinak8ak kit’anicinape matisiwinan. »

« Nos chants, nos danses, nos récits, nos contes et légendes sont le reflet de notre mode de vie. »

Une vision holistique des arts et de la culture

« Les productions culturelles autochtones sont très diversifiées; souvent, une même personne exerce plusieurs pratiques. Les productrices et producteurs autochtones utilisent une grande diversité de pratiques artistiques et de médias qui relèvent des traditions de leurs nations et communautés, d’autres nations autochtones, occidentales, ou encore provenant d’autres traditions culturelles. Nombre d’entre elles et eux exercent des pratiques culturelles qui n’appartiennent pas à la catégorie appelée “art” dans la culture occidentale contemporaine : par exemple la chasse, la fabrication d’outils et les pratiques cérémonielles spirituelles. Ces pratiques font partie d’une vision holistique dans laquelle la production artistique n’est pas séparée des besoins matériels, du mode de vie et de la conception du monde. Étant donné le génocide culturel perpétré envers les Autochtones au Canada, il est aujourd’hui beaucoup plus difficile de vivre en fonction de cette conception du monde, bien que les productrices et producteurs culturels y attachent une importance significative et cherchent à reconstruire cette circularité tout en composant avec la société dominante. Même si elle est parfois difficile à pratiquer en contexte autochtone, la tradition est considérée comme vivante et contemporaine. Elle n’est pas chose du passé et fait partie du quotidien. La distinction occidentale entre “modernité” et “tradition” ne s’opère donc pas de la même façon en contexte autochtone. »

(Tiré du rapport C’est vital auquel la nation anicinabe a largement contribué.
Produit par DestiNATIONS : Carrefour International des Arts et Cultures des Peuples autochtones (2016), Montréal, Possibles Éditions.)

L’art pour rapprocher les pleuples

Frank Polson réalise une œuvre dans la municipalité de Latulipe-et-Gaboury, au Témiscamingue. Par ses œuvres, l’artiste anicinabe souhaite construire des ponts entre les cultures.

Être artiste et anicinabe

Quatre artistes partagent leur vision de l’art et de la culture anicinabe.
@ Virginia Pesemapeo Bordeleau, Karl Chevrier, Frank Polson et Harry Wylde