Ancré dans les terres et les récits de Kitigan Zibi, Craig Commanda est artiste multidisciplinaire depuis 2008. Sa pratique englobe le perlage, le cinéma, la musique et diverses autres médiums créatifs. Il fait partie de l’exposition NIN, une exposition sur la langue et la culture anicinabe présentée au Musée de la civilisation.
Selon Craig, être un artiste n’a pas été un choix : c’est simplement qui il est, même s’il l’ignorait lorsqu’il était petit. Il est issu d’une famille profondément créative composée de plusieurs musiciens et d’artistes. Son grand-oncle William Commanda était un artiste de renom, connu pour ses tambours, ses raquettes et ses canots d’écorce.
« J’ai l’impression d’avoir toujours été un artiste visuel, et il m’a suffi de me trouver au bon endroit au bon moment pour commencer à pratiquer. »
À 16 ans, Craig a quitté Kitigan Zibi pour poursuivre des études postsecondaires, complétant un programme de musique à Kingston, puis un diplôme en cinéma à l’université Concordia. Il a appris grâce à une combinaison d’autodidaxie et d’apprentissages auprès de mentors. Il est passionné par l’apprentissage et par la préservation de formes d’art qui sont en voie de disparition, telle que le perlage, le travail au piquant de porc-épic et la houppe de poils de caribou.
En tant que premier artiste autochtone en résidence à l’Atelier La Coulée, Craig a créé des sculptures en bronze inspirées d’objets rapatriés du centre culturel de Kitigan Zibi. Il utilise à la fois la numérisation 3D et les techniques traditionnelles de fonte à la cire perdue, pour créer des pièces en bronze durables qui rendent hommage à ces objets de sa nation qui ont traversé le temps. Il travaille également avec la commande numérique par ordinateur. Ses œuvres sont exposées dans le jardin des Premières Nations du Jardin botanique de Montréal. Durant la pandémie, il a développé son style signature de sculpture en perles, qui est aujourd’hui ce pour quoi il est reconnu.
Bien qu’il soit largement connu pour la finesse de son travail de perlage, le parcours artistique de Craig a débuté par le cinéma et la musique. Avec le temps, chaque médium est devenu une autre manière d’écouter, une autre manière d’exprimer ce qui vit entre la mémoire, la culture et l’imaginaire. Il continue de naviguer avec aisance entre ces différentes formes créatives.
Guidé par la curiosité et un lien profond avec sa communauté, son travail est façonné par l’expérimentation, le lien culturel et un profond engagement envers la narration à travers des langages artistiques variés.
« Je me laisse inspirer par les artisans locaux qui m’entourent. Cela me donne une bonne motivation pour continuer à pratiquer les arts, car je vois beaucoup de belles œuvres être produites. Cela m’inspire également à essayer de nouvelles choses. »
Le parcours artistique de Craig a été profondément marqué par les voyages, à commencer par son travail cinématographique qui l’a mené à plusieurs reprises en Nouvelle-Zélande, en Suisse et au festival imagineNATIVE de Toronto. C’est toutefois le Centre Banff qui a eu le plus grand impact sur son développement. Il y a effectué 6 visites et, au fil des années, il y a rencontré des cohortes d’artistes qui continuent de l’inspirer. Au début de l’année 2025, il est allé à Toronto pour peindre des miniatures destinées à un film d’animation en stop-motion, un projet qui reflète son adaptabilité et l’esprit collaboratif au cœur de son travail. Son travail l’a aussi conduit à Paris, où il a exposé ses sculptures de perles au Grand Palais éphémère dans le cadre d’une exposition de la BACA (Biennale d’Art Contemporain Autochtone), propulsant sa pratique ancrée culturellement sur la scène internationale. Ces voyages ont élargi son réseau artistique, l’ont exposé à diverses communautés créatives et ont renforcé son engagement à représenter la culture et l’identité anicinabe à travers son travail multidisciplinaire.
« Je crois qu’en tant que personne qui apprend des choses, je peux également les transmettre. Il ne s’agit pas seulement de moi qui apprends quelque chose. J’aimerais éventuellement transmettre ces choses aux générations futures. C’est ce que nous avons fait depuis la nuit des temps. Je veux simplement faire partie du mouvement qui ramène ce genre de choses et les fait avancer. »
Craig enseigne occasionnellement le perlage, les arts culturels et le travail au piquant de porc-épic à Montréal Autochtone. Considérant la transmission des connaissances comme essentielle, non seulement pour lui-même, mais pour les générations futures, Craig souhaite perpétuer ainsi ce qui se fait depuis des temps immémoriaux.
Le plus grand rêve de Craig n’est pas d’exposer dans des musées, mais de gagner sa vie de manière stable et épanouissante grâce à son art. Son travail représente son identité anicinabe et il espère qu’il inspirera d’autres membres de sa Nation à atteindre tout leur potentiel, leur montrant qu’ils ont les mêmes possibilités que lui.






